Le plus gros défaut de la techno, c’est son côté autoréférentiel. Vous connaissez l’histoire : le DJ/producteur lambda, à 16 ans, pique un disque d’Underground Resistance à son grand frère (les détails biographiques peuvent varier, mais cela n’enlève rien aux faits), et se prend pour le grand manitou (ce que personne ne conteste, bien sûr).
Son univers se réduit alors à Detroit, Chicago, New York et Berlin. Dans les années qui suivent, il s’équipe de vinyles et de platines et ne quitte plus jamais son MKII.
Le parcours d’Adam Ports est différent. À 16 ans, Adam était déjà dans le hardcore. Non, pas le hardcore de Rotterdam.
On parle du hardcore de New York, Boston et Washington D.C. Un passé qu’il perpétue encore aujourd’hui, en l’intégrant à son mode de vie végétarien, straight edge et adepte du hardcore traditionnel. Après, il y a eu le hip-hop. Il s’est initié au turntablism, a découvert sa passion pour le vinyle et est devenu DJ accompli pour la première fois. Puis, la techno est arrivée.
Cette exploration des territoires musicaux, qui offre les meilleures chances d’épanouissement personnel, est la raison essentielle de l’unicité de Port.
Son travail ne se limite pas à une vision étriquée dictée par une scène, mais met l’accent sur le style, le groove et la sophistication. Une approche qui, puisant son inspiration dans le dub, le danchall, le rap, la soul et même le rock psychédélique, se distingue par une originalité remarquable, même face à l’inflation du genre.
Cela vaut aussi bien pour ses productions que pour ses DJ sets. Ce qu’Adam Port crée trouve certes sa place dans les champs de la house et de la techno, mais c’est bien plus que cela. C’est son style.